« C’est le plus beau bureau du monde. »
C’est avec ces mots qu’Arthur décrit son quotidien de grutier au port de Brest. Invité du dernier épisode du podcast Brest dans l’oreillette, il nous emmène à la découverte d’un métier aussi spectaculaire que méconnu, au cœur des activités portuaires. Perché jusqu’à 45 mètres au-dessus des quais, Arthur bénéficie chaque jour d’un point de vue unique sur la rade de Brest. Depuis sa cabine, il aperçoit le téléphérique, l’Arena, le stade Francis-Le Blé ou encore les navires qui entrent et sortent du port.
Mais derrière cette vue exceptionnelle se cache avant tout un métier exigeant, où précision, concentration et travail d’équipe sont indispensables.
À chaque grue son activité
Au port de Brest, les grues accompagnent une grande diversité d’opérations. Réparation navale, manutention de vracs tels que le bois, les graines ou la ferraille, chargements spécifiques : chaque secteur possède ses propres contraintes et ses équipements adaptés. Comme le souligne la journaliste Marion Watras dans l’épisode, « à chaque grue son activité ». Certaines grues ont plusieurs décennies de service derrière elles, tandis que d’autres disposent des technologies les plus récentes. Toutes se conduisent différemment et répondent à des besoins précis.
Pour Arthur, c’est aussi ce qui fait l’intérêt du métier : « On ne fait jamais la même chose. »
Un métier d’équipe
Le métier de grutier est parfois perçu comme une activité solitaire. Une idée reçue que nuance Arthur. « Paradoxalement, quand on conduit une grue, on n’est pas tout seul. Il y a une équipe en bas et il faut que tout le monde soit accordé. » Derrière chaque mouvement de charge se trouvent des équipes qui travaillent en étroite coordination afin de garantir le bon déroulement des opérations et la sécurité de tous. Une responsabilité importante lorsque l’on manipule des charges depuis plusieurs dizaines de mètres de hauteur, sur des équipements qui peuvent eux-mêmes être soumis aux mouvements générés par les opérations de manutention.
Le métier évolue également avec son temps. Longtemps considéré comme un univers exclusivement masculin, il se conjugue aujourd’hui aussi au féminin avec la présence d’une femme grutière parmi les équipes de BrestPort.
La Paindavoine n°4, une grue à part
S’il y a bien une grue qu’Arthur n’a jamais conduite, c’est la Paindavoine n°4. Pourtant, cette silhouette emblématique du 3e éperon continue d’attirer les regards et de susciter la curiosité des Brestois. Dernière représentante d’une série de quatre grues mises en service dans les années 1950, elle a participé à la reconstruction du port après la Seconde Guerre mondiale. À une époque où les infrastructures portuaires avaient été fortement endommagées, ces équipements ont accompagné le redémarrage des activités maritimes et économiques du territoire. Aujourd’hui protégée au titre des Monuments historiques, la Paindavoine n°4 demeure un témoin privilégié de cette période et un symbole fort du patrimoine industriel brestois.
Écouter l’épisode
Entre immersion dans le quotidien d’un grutier et découverte de l’histoire portuaire brestoise, cet épisode de Brest dans l’oreillette offre un regard original sur ces géants d’acier qui accompagnent la vie du port depuis des générations.